DADVSI : danger pour les communautés libres.
Un projet de loi "assassin" pour la culture, des licences libres en péril : chronique ordinaire de la langouste qui s'agite dans l'eau bouillante.
Les fichiers musicaux au format MP3 ont fait leur apparition sur le net il y a maintenant 14 ans, il ont commencé a inquiété les professionnels du disque il y a à peine 10 ans. Puis vint l'adsl, le haut debit ... et depuis c'est la panique.
Dernier épisode en date un projet de loi qui sera voté dans la nuit du 20 au 21 décembre 2005, pendant que certains de nos représentants s'adonneront aux joies de la glisse hivernale... bien choisi, bravo. Oui, mais ! Si ce projet de loi n'avait de répercussions que sur l'industries du disque (ce qui est déjà fortement discutable tant les solutions apportées sont guignolesques), il ne soulèverait pas tant d'incompréhesion de la part d'entreprises qui du jour au lendemain risquent de se retrouver dans une sainte panade "pour les beaux yeux" de l'industrie du disque.
La loi DADVSI, ou comment lutter contre le piratage à la petite semaine : le volet technique de ce projet de loi en fait rire plus d'un, c'est au moins ça. Pour écouter vos CD audio ou vos MP3, vous devrez utiliser un logiciel muni d'un dispositif antipiratage. En pratique ça nous donne ça. Dans cet exemple précis de mise en oeuvre, Sony BMG édite et diffuse un logiciel backdooré (le meilleur moyen d'aller fouiller sur les disques durs des particuliers). Des pirates (pas des téléchargeurs du dimanche) trouvent le backdoor et l'exploitent pour prendre le contrôle de toutes les machines sur lequel le soft est installé. Pire, des experts en sécurités posent tout haut des questions que d'autres se posent tout bas : "comment les antivirus commerciaux ont pu passer à côté de ce trou béant ?" ... "et s'ils n'étaient pas passé à côté ?", "et si les éditeurs d'antivirus avaient volontairement, sur la demande de Sony, patché eux même leurs produits pour laisser cette vulnérabilité non détectable". Certes ce ne sont là que des suputations mais ... Presque 600 000 machines infectées, bravo !
Encore plus drôle : Sony BMG a violé la licence LGPL en utlisant le code de LAME ! Cerise sur le gâteau, l'auteur lésé est DVDjon , l'auteur du petit logiciel qui permet faire sauter le cryptage DeCSS sur les DVD, et qui s'est encore récemment illustré en s'attaquant au systeme de diffusion de musique en wireless Airport Extreme de Apple... juste après s'être farci le système de DRM de iTune.
Des propos honteux et inacceptables :
Vendredi 18 novembre 2005, au ministère de la Culture, le SNEP et la
SCPP déclarent aux auteurs de Logiciel Libre : « Vous allez changer vos
licences. » La SACEM ajoute : « Vous allez arrêter de publier vos
logiciels*.
Dérrière ces élucubrations divagantes se masque un profond désaroi. Que l'industrie du disque soit incapable de s'adapter au média Internet est en soi assez triste, rendre les logiciels libres coupables de tous ses maux confine à la stupidité. Une stupidité qui pourrait couter cher aux utilisateurs de ces logiciels (mozilla firefox, OpenOffice ...), aux particuliers et aux sociétés françaises qui les développent et les utilisent.
Tentons d'éviter une catastrophe en signant la pétition EUCD.
Ecoutons de la musique libre, gratuitement et légalement.
*Retrouvez le communiqué original de la FSF France

