Numérique 2012 : La réduction de la fracture numérique by Nicolas Sarkozy
Après avoir déclaré que l'Internet était un problème puisqu'il tuait les groupes de presse, Nicolas Sarkozy se penche sur les questions numériques et promet une politique volontariste pour encourager le développement et les retombées économiques induites par les NTIC : "l'Etat pourrait retirer plus de 1,4 milliard d'euros du dividende numérique. Une manne dont "une partie sera affectée au financement du plan", le reste allant dans les caisses de l'Etat".
Il faut dire que le débat sur les questions du numérique avait TRES mal commencé :
HADOPI, membres du gouvernement s'exprimant sur internet laissant entrevoir une parfaite méconnaissance des dossiers et le taxant de zone de non droit à plusieurs reprises, le président lui même stigmatisant le web et le désignant comme la cause du déclin de la presse écrite avec son fameux "comment voulez vous que les gens achètent des journaux alors que toutes les informations sont disponibles gratuitement sur Internet"... bref c'était pas gagné.
Puis vint la nomination de Luc Besson, le ministre fantôme que l'on aurait souhaité un peu plus expressif concernant les conséquences de l'HADOPI, souvenons nous que c'est le Ministère de la culture, notoirement incompétent en matière de technologies numériques qui s'est vu confié le dossier de la riposte graduée, omettant volontairement toute étude d'impact sur l'économie (les professionnels du Net sont TRES largement contre ce projet). Luc Besson ne s'est jamais exprimé à ce propos et a laissé faire, sans un mot pour les professionnels (on se demande à quoi il sert...)
Notre président semble donc disposé à examiner les questions du numérique, selon l'AFP, l'Objectif: faire de la France à horizon 2012 "une puissance numérique à l'égal des économies les plus dynamiques de notre planète". L'Hexagone est aujourd'hui à la traîne, avec une part de l'économie numérique dans le PIB de 6%, contre 13% aux Etats-Unis et 17% en Corée.
C'est déjà bien que le gouvernement prenne conscience que les NTIC représentent un vivier bien plus important que l'industrie du disque, c'est bien mais ça ne suffit pas.
Toujours selon l'AFP, le plan de développement de l'économie numérique vise à atteindre les objectifs fixés par M. Sarkozy en mars: porter d'ici 2010 à 70%, contre 55% actuellement, la part des ménages équipés d'un ordinateur et connecter 99% des Français à l'internet à haut débit avant 2012 (contre 44% fin 2007).
Typiquement le genre de chiffres annoncés par des gens qui n'ont aucune notion des réalités terrain et des difficultés que les gens rencontrent avec un ordinateur. On aurait pu ajouter à ces chiffres un engagement du gouvernement du type "en 2012, le gouvernement sera venu à bout de tous les virus connus et inconnus du web français en proposant un nouvel impôt pour financer les patchs de microsoft afin que tous les français puissent surfer tranquillement" ... ça n'aurait pas été moins drôle. En clair, si nous parvenons à 75% de foyers connectés en 2012 au haut débit, il s'agira d'un bon en avant spectaculaire attestant que les pouvoirs publics auront financés eux mêmes des déploiements pas assez rentables pour les fournisseurs d'accès;
Plus sérieusement, Numérique 2012, c'est aussi le lancement du débat sur le recyclage des fréquences hertziennes utilisées à ce jour pour la TV analogique, appelée à être remplacée par la TNT. De ce côté là, il est évident que ça va batailler dur car il est possible de fournir du haut débit sans fil grâce à cette technologie, Google milite d'ailleurs pour la libération de ces "espaces blancs".
Une partie des fréquences hertziennes libérées seront vraisemblablement attribuées aux opérateurs télécoms, ainsi que l'ont proposé la commission parlementaire sur le dividende numérique et l'autorité de régulation des télécoms (Arcep).


oui c'est vrai